mardi 29 septembre 2009
La sortie, par la rentrée
La belle époque où on n'entretenait aucune relation avec ses professeurs, parce que les salles de cours étaient bien trop bondées, et où on pouvait alors se sauver à la pause-café pour aller magasiner.
Ouais, celle-là, la belle époque.
Où jusqu'à il y a trois semaines, je pouvais aller à Québec en payant très cher, mais moins cher, où je pouvais aller au ciné en 2 pour 1 en septembre, où je pouvais être une sœur aînée qui avait un rabais étudiant devant sa petite sœur dans les musées, où je pouvais supplier le Subconscient de m'inviter et de payer pour moi, parce que anyway je coûtais pas cher.
Ben c'est fini ce temps-là. C'est parti en même temps que la pluie est revenue.
Ce qui est génial, c'est que dès janvier je vais pouvoir obtenir une nouvelle carte.
dimanche 27 septembre 2009
Gâcher son diner et son souper, en une étape facile (et très salissante)
J'avais 60 minutes pour prendre des photos, saisir l'essence de l'endroit, me trouver de quoi manger et lutter avec les locaux pour me tailler une place entre les étals. Le Camel Market, c'est le marché Jean-Talon exposant 3, sur la même superficie, mais en longueur. C'est comme y faire ses courses un ensoleillé samedi de septembre, mais avec six fois plus de gens, et avec des commis qui garochent des boîtes de légumes pourris à trois centimètres de ton visage.
Puisque je voulais découvrir d'autres saveurs que celles du falafel — quoique délicieux parce que c'est frit — je me suis lancé à la recherche du diner parfait.
Et lorsque l'on se lance dans la quête du parfait, ça finit toujours en quelque chose de boiteux, c'est bien connu.
Je voulais manger des légumes, et surtout pas manger de pain, question de donner à mon pauvre corps un répit, et à 5 minutes du moment où je devais retrouver mes 92 324 comparses au point de rencontre désigné, je suis sortie d'une boulangerie, ultra rushée, avec un gros pain arrosé d'huile d'olive sur lequel on a déposé une mince tranche de tomate, une autre d'aubergine et une autre de courgette.
Encore une fois, j'ai été leurrée par l'emballage et les légumes, qui me saluaient de leur allure lustrée d'huile. Après avoir mangé les trois centimètres carrés de légumes, j'ai abandonné mon diner, et imbibée de culpabilité, j'ai accroché au passage, à -2 minutes avant l'heure fatidique, une mangue, que j'ai payé un prix astronomique pour un produit local, mais faut se faire à l'idée qu'on est en Israël, pas au Paraguay.
Et quelle mangue, ais-je choisie.
Un fruit immense, contenant a lui seul le double des rations de fruits quotidiennes recommandées par le guide alimentaire canadien. Puisque je n'avais pas de couteau en ma possession, j'ai attendu d'être à l'hôtel, une heure avant le souper, pour déguster la bête.
Ma recherche de coutellerie m'a mené au bar du lobby, où un serveur tout ce qu'il y a de moins jovial m'a offert un couteau qui ne coupe pas ainsi qu'une assiette plus petite que la mangue elle-même pour que je puisse gâcher admirablement mon souper avec ce fruit paradisiaque.
Je plante le couteau dans la mangue supra-juteuse, qui éjecte illico son nectar sur le comptoir ainsi que sur les verres propres du bar. Le serveur peu charismatique n'a rien vu du saccage. Soulagée, j'éponge mon front avec ma main poisseuse. J'ai de la mangue jusque dans les cheveux. D'une main malhabile, je tranche le fruit comme je le peux, sous la supervision du serveur, qui, malgré son air de bœuf, me fait l'honneur de m'enseigner comment ouvrir mon fruit, même si j'ai vu comment on fait 1000 fois à l'émission de Ricardo.
Les cubes de chair trempent dans un bain de jus que l'assiette à thé peine à contenir. Moi qui déteste avoir les mains collantes — coquetterie héritée d'une entité maternelle freak de la propreté — j'ai les deux mains collantes jusqu'au coude et le visage barbouillé de mangue.
Le serveur m'ayant laissé à moi-même depuis un moment, je lèche mes doigts quatre à quatre afin de les nettoyer comme je peux, faute d'essuie-tout. Comme un voyou, je quitte la table, en ne pouvant laisser aucun pourboire au serveur, parce que mes mains sont trop dégueulasses pour que je puisse fouiller dans mon portefeuille.
Entre le bar du lobby et la porte de ma chambre, j'ai laissé ma trace sur chacune des portes, souillé le bouton d'ascenseur du 9e étage jusqu'au robinet de ma room with a view.
J'ai aussi admirablement gâché mon souper de «seafood chaos».
Et à des kilomètres de Tel-Aviv, je voyais déjà le regard réprobateur du Subconscient.
jeudi 24 septembre 2009
Home sweet mal de cœur
Je prends un bol de Muslïx en arrivant.
Pas de punch, mais des fruits
En fait, je mangeais des frites et des hamburger parce qu'on pouvait manger ça avec du ketchup, je mangeais du poulet parce qu'avec ça, il y avait la sauce Saint-Hubert, je mangeais aussi beaucoup de fruits. Buvais beaucoup de jus. Aimait la soupe aux tomates de ma grand-mère, celle au chou de l'autre grand-mère, les crêpes du paternel et les nouilles chinoises avec de la mélasse de la génitrice.
Ma salade ne s'arrosait qu'avec de la vinaigrette italienne Kraft.
Les temps ont changé.
Je suis une personne beaucoup plus texturée.
Hier, j'ai poussé un peu plus loin les découvertes du palais lors d'une soirée où des bouchées tirées de la culture autochtone dressaient la table.
J'ai essayé du jerky de bison, même si c'est pas un gros challenge.
On s'entend que manger du jerky, c'est comme mâchouiller du cuir salé.
En plus des huîtres — que je ne sais jamais si je dois les croquer ou les avaler comme on ingurgite des antibiotiques pour soigner une bronchite — une déclinaison d'huîtres panées s'offrait aux invités.
Personnellement, je crois que tout ce qui est frit est une valeur sûre parce que ça goûte toujours le Poulet Frit Kentucky. Alors j'en ai mangé une en cherchant des yeux le ketchup sans le trouver. J'imagine que c'est pas trop autochtone, le Heinz édition 100e anniversaire.
Sur un plateau, on m'a présenté deux sortes de poissons, de la truite fumée et du saumon fumé froid et couvert d'une glue qui ressemble a la gelée d'abricot dont on recouvre les tartes aux fruits. Va pour la truite, mais en matière de givré, je préfère encore le sorbet.
La plus obscure des entrées s'appelait je-ne-sais-plus-quoi-blueberry-jerky. De visu, ça ressemblait à une crotte de lapin, version post-Tchernobyl. Une collègue me dit que ça goûte le jambon. Une autre le bœuf. J'en vole une bouchée, pour voir si ça ne goûterait pas le fruit de la passion.
Pendant que je fronce les sourcils, cherchant à savoir si c'est salé ou sucré ou si je suis seulement trop repu pour l'apprécier, une dame m'explique sa composition. Pour que la nourriture se conserve plus longtemps, les communautés autochtones faisaient fumer et sécher leurs aliments. La boulette que j'ai dans les mains est le résultat de baies séchées, broyées et amalgamées à de la viande séchée et broyée.
La dame, qui connaît vraisemblablement beaucoup de choses ajoute en anglais que c'est super protéiné. Je réponds un great bien senti, mi c'est-super-intéressant et mi je-suis-trop-crevée-pour-converser-dans-mon-very-second-language.
Peut-être que frit et avec du ketchup, ça m'aurait dit quelque chose.
dimanche 20 septembre 2009
Leçon de positivisme 101
Certains utilisent la pensée positive, d'autres relativisent. Quelques-uns se plaisent à rien, alors il n'ont rien à exprimer.
J'opte généralement pour deux méthodes, qui peuvent aller de pair lorsque la première échoue.
Il y a d'abord la combinaison de sacres, de chialage, et de haute pression.
La seconde, le pétage de coche joyeux.
***
En vélo de montagne en Galilée, entourée de 70 personnes qui se partagent la route.
La cycliste — Tabarnak. Ça avance pas. J'haïs ça. Je vais leur rentrer d'dans. J'aurais dû partir en premier. Arrrrgh. Tasse-toi, t'es dans mes jambes. Get out of my way. Ah pis fuck off.
Le Subconscient — Dis-toi donc que tu es chanceuse de pouvoir pédaler en Israël au lieu de gueuler.
La cycliste — Arrête donc d'être parfait pis tasse-toi donc de mon chemin. Tu m'énerves et tu vas pas assez vite. Allez dégage.
Quelques minutes plus tard, pour sauver mon couple, je passe à la seconde méthode qui consiste cette fois-ci à chanter à tue-tête des chansons dont les paroles et le refrain se situent entre un mélange de Kaïn et Lynda Lemay.
La cycliste — Sur mon chemin/ Il y a des trous/ Il y a de la terre/Ça salit mes genouuuuuuuux. /Avance plus vite, sinon je crève ton pneu/Sur ma roue, il y a de la bouuuuuuuuuuuuuuuue/ Sur mon chemin/ Il y a des trous/ Voilà ma croix/C'est pas mon choix
Le Subconscient — Y a du monde qui nous regarde.
La cycliste — TU ES DANS MON CHEMIN/ET M'EMPÊCHE DE TRACER MON DESTIIIIIIIIN...
Et la trentaine de minutes qui a suivi s'est drôlement déroulée. Je sais pas pour lui, mais j'en garde un bon souvenir.
***
Aujourd'hui, j'ai joué pour la première fois au curling. S'entend qu'être enfermé dans un aréna contre son gré, à -8 degrés, c'est pas jojo. Mais y a pire. Comme la pénurie d'eau dans les pays du Tiers-Monde, ou vouloir manger des Muslïx et réaliser que son lait est expiré depuis 5 jours.
J'ai commencé par haïr le curling et chialer dans ma tête. Je n'ai pas écouté les règlements, j'ai joué à ma façon, en regardant l'horloge aux 30 secondes. Une demi-heure plus tard, quand on m'a demandé d'aller au fond du terrain avec notre chauffeur d'autobus de 28 ans qui a la gueule de Travolta à l'époque de Look who's talking, là, le jeu à pris une autre dimension.
Le chauffeur d'autobus m'a montré quelques trucs, que j'ai vaguement écouté, sauf la partie où il m'a montré comment battre son équipe. Celle-là, j'ai bien assimilé. Alors j'ai massacré ses Bleus à coup de balai, je suis tombée à genou sur le sol en jouant avec les pierres de 42 livres, chanté des niaiseries en français (personne ne comprenait, sauf le chauffeur cute qui a appris le french grâce à son ex-sweetheart de Sherbrooke) et finalement, alors que mon dernier lancer allait conclure le jeu et que j'avais prévu lancer à l'aveugle le gros caillou, mon tir parfait nous a permis de planter l'équipe adverse.
J'aurais voulu bien jouer que ça n'aurait jamais marché.
N'empêche qu'après ça, je trouvais que le curling, même si c'est frette en criss, ça reste sympathique, quand les conditions gagnantes sont réunies.
C'est-à-dire avoir du soleil, une tuque, un litchitini en plus d'un sosie de Johhny.
La morale de ces histoires, c'est qu'être positivement désagréable est bien.
Peu importe ce que dira autrui.
samedi 19 septembre 2009
Chambre avec vue
En sortant de l'aéroport, j'ai brisé mon sac de voyage. En cherchant un cordonnier qui pourrait lui insuffler la vie, je me suis arrêtée sur une plage. Des gens y traînaient, assis sur des billots géants, jogguaient derrière, et caressaient leurs chiens. Ça sent l'automne.
C'est exactement ainsi que j'imaginais Vancouver.
vendredi 18 septembre 2009
Des cartes, s'taffaire
En fait, j'en ai jamais eu.
Mais là, le besoin se fait sentir.
La très professionnelle — Je pourrais peut-être apporter des post-it et en fabriquer à partir de ça.
Le Subconscient — Je vais faire comme si j'avais rien entendu.
Tout à l'heure, dans une boutique de bonbons et de papier, j'ai trouvé du papier à cartes d'affaires. Assise sur le tapis turquoise de ma chambre d'hôtel, je m'affaire présentement à'écrire mes coordonnées à la main, sur le papier blanc.
jeudi 17 septembre 2009
Portrait de la faune aéroportuaire sans appareil photo (toujours en transit)
Il règle la situation en prenant une autre assiette.
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Une dame est vêtue d’un lainage orangé, d’une jupe brune avec une touche d’orange, son sac à main ainsi que ses souliers sont aussi coordonnés à son chandail. Conclusion : se vêtir est un art dans lequel il faut investir beaucoup de temps.
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Les gens font la file devant le jus de tomates.
Soit la promotion des bienfaits des légumes est un succès, soit les Bloody Ceasar connaissent une vague de popularité à faire rougir d’envie les autres apéros.
Il est 11h du matin.
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Deux jeunes filles regardent leur mère se servir un café dans une machine. La plus vieille vient de découvrir la présence d’un contenant métallique. Elle en soulève le couvercle pour découvrir les croquettes. La mère foudroie aussitôt la gamine du regard, tuant du coup tous les brillants qui s’étaient illuminés dans ses yeux.
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Il y a plus de mayonnaise que de chou dans la salade de chou.
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Une série de sandwich de poulet au curry dans du pain brun a été remplacé par des sandwiches au jambon haché dans du pain blanc. Un homme se presse devant ceux-ci, et accessoirise son dîner avec un expresso court dans lequel il plonge le contenu de trois sachets de sucre.
Ça permet de soulever la question : à partir de combien de sachets le sucre ne se dissout plus?
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Un vieil homme d’affaire portant une chemise rose et des bretelles rouge Ferrari envoie des texto avec son téléphone cellulaire, qu’il place à moins d’un décimètre de ses yeux. Il est vrai que les campagnes de prévention sur les conséquences d’un usage à trop grande proximité du visage d’un écran de téléphone n’ont pas encore été lancées.
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Il y a du champagne à volonté près des jus de fruits et du whisky. Personne n’y touche. Le commis vient de remplacer la bouteille de vodka par un 40 onces tout neuf. Il est 11h37.
Party?
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Il y a 33 heures sans sommeil à mon compteur.
mercredi 16 septembre 2009
Quelque part dans un lounge, entre un gars qui se crache les poumons et un maniaque du BlackBerry
Je suis sortie avec un Newsweek et un Time Magazine.
Une femme d'affaires en coton ouaté de la tête aux pieds, ça n'a pas trop de crédibilité.
Choc des cultures
Moment intéressant, témoignant de l’écart de deux millénaires de société de consommation, cette dame qui se recueille à l’endroit où Jésus a été décroché de la croix et lavé. Les gens qui l’ont précédé ont sagement caressé la pierre rose, prié, puis pleuré, suspendu au-dessus de celle-ci.
La dame, délicate comme dix, a varlopé ses sacs sur le rocher rosé avant de faire sa prière, pour ensuite en répandre le contenu ( des chapelets, des bâtons d’encens et des portraits de la vierge Marie emballés dans des sachets de plastiques) et ranger à son goût ses emplettes.
Chacun sa religion.
Toucher et brûler
Hier, à Jérusalem, secouée par toutes ces choses à assimiler en quatrième vitesse, ces souks où des cordonniers vendent leurs ceintures de cuir, les épices qui débordent des jarres en terre cuite et où on n’a qu’à tendre la main pour s’emparer d’une poignée de jujubes multicolore, j’ai été incapable de toucher.
Le mur des Lamentations, mille fois plus petit que l’image que je m’en étais faite, le tombeau de Jésus à la fin de son chemin de croix, les pierres deux fois millénaires, je n’ai rien touché, comme si le fil ténu entre le rêve et la réalité allait se briser.
J’en ai même oublié de prendre le pilon en photo. Sacrilège.
Mais on peut le voir plus bas, ici, sur le balcon de ma chambre d’hôtel. Derrière, c’est la mer.
(Et on dira ce qu’on voudra, quand on a des plaies sur les jambes parce qu’après 15 ans, on ne sait toujours pas se raser sans se blesser, une saucette dans cette eau remplie à 33% de sel a de quoi faire blasphémer. )
Soufre, comme dans le Sommet de Dante, comme dans sandwich aux œufs et comme dans «comment ne pas avoir de classe dans un spa»
Qu’on se le tienne pour dit.
Pour en revenir au bain de soufre, c’est-à-dire un énorme bassin en plein-air aménagé avec des jets, des passerelles et des chutes, il est d’abord important de préciser que le soufre, ça sent non seulement les œufs pourris, mais aussi beaucoup la flatulence.
D’après ce que j’ai observé de loin, pour relâcher la tension et pour que notre peau bénéficie des bienfaits de l’eau nauséabonde, il faut se baigner dans l’eau, et se laisser aller, sur des frites fluorescentes que l’on retrouve dans nos piscines de banlieue, l’été (ce qui permet aussi de constater qu’en Israël, on trouve probablement des Canadian Tire), se faire masser la tête par son amoureux et lever sa jambe et placer son entrejambe dans un position stratégique à la relaxation (ou pour le plaisir, selon mon interprétation libre.)
Le temps que notre guide pratiquant, mi-preacher et totalement moralisateur retarde notre arrivée, que l’on mange une bouchée et que l’on visite l’endroit, qu’il ne nous restait que 10 minutes pour faire trempette dans le bain de soufre.
De ma cabine, je m’assure de stresser un max le Subconscient en lui hurlant d’enfiler son maillot en quatrième vitesse pendant que de mon côté, je m’infiltre en sacrant dans mon une-pièce Louis Garneau datant de mes 16 ans.
Il sort finalement de la cabine et je cherche la douche, puisqu’il faut s’asperger d’eau plate avant de se tremper le bout des orteils dans le liquide odorant et incroyablement chaud.
Entourée de gens qui savent relaxer et s’abandonner dans un bassin qui sent le pet sans broncher, sans se tortiller dans l’eau, sans ressentir quelconque culpabilité de ne pas être en train d’aider un orphelin à trouver une famille adoptive, sauver un panda de l’extinction ou devenir membre de Greenpeace, j’ai tenté de trouver un moyen de relâcher ma tension.
Au grand dam du Subconscient, plutôt que de me lancer sur les frites vertes ou de me laisser flotter en attendant la fin du calvaire, j’ai plutôt choisi de faire défiler les gags de pet en hurlant d’un rire gras et innocent.
En public, c’est très bien vu. Heureusement pour le Subconscient, nous n’avons passé que 7 minutes dans le bassin.
Alors que je multipliais les références à Pète pis Répète dans les remous, un bouillon m’a complètement remplis la bouche de liquide, me fermant ainsi le clapet la dernière minute durant. J’en connais un qui a vu ses prières exaucées.
Après une très courte réflexion, pour se laver de ses péchés et détendre l’atmosphère, il n’y a finalement rien qui bat le savon en barre.
samedi 12 septembre 2009
Sans titre
La vie, avec une couple d’accents circonflexes
La bronzée — Non, t’inquiète, je suis juste sale.
J’étais vraiment juste sale. C’est très sablonneux, ici.
Dans mon for intérieur, entourée de bikinis, de motomarines, de musique pop et de bouteilles de verre brisé, j’ai réalisé à quel point je n’avais aucune idée du mode de vie contemporain dans lequel je serais plongée.
Depuis une heure, j’ai vraiment de la sympathie pour les Français qui s’imaginent que venant au Québec, il y a de la neige à l’année, qu’on mâche nous-même la babiche pour fabriquer nos raquettes, et que du sirop d’érable, on en met jusque dans notre pâte à dent.
vendredi 11 septembre 2009
Des criss de pansements
Des fois, quand tu veux être cheap, ça te revient dans la face.
La première journée n’est pas à demi commencée et que la semelle de mes souliers fonde sous mes pieds et les ampoules naissent un peu partout. Des pharmacies en hébreu, c’est pas trop simple à trouver, mais en ouvrant l’œil on parvient à se débrouiller. C’est à ce moment qu’on s’ennuie des Jean Coutu montréalais qu’on trouve à tous les coins de rue.
Parlant d’achat sensé, assoiffée, je file dans un dépanneur acheter de l’eau. Tsé, de l’eau, c’est pas trop compliqué, même en hébreu. Tu prends la bouteille transparente, la plus grosse parce que tu as soif, tu paies, et tu bois.
Ça, c’est quand tu oublies qu’il se fait de l’eau aromatisée, même en Israël.
J’ai bu mon 2 litres à la lime en me disant que la prochaine fois, je dois prendre l’emballage BLEU transparent. Pas le vert.
Retour aux sources
Des dattes, ça pousse dans des palmiers.
C’est aussi dans des arbres que poussent les pommes grenades, et plusieurs d’entre eux bordent les routes.
Si je n’avais pas été aussi beurrée de crème solaire, je crois que mes bras seraient tombés sur le sol.
jeudi 10 septembre 2009
Tel-Aviv, 35 degrés à l’ombre
L’inspectrice — I don’t know where you’re going with thoses, but it must be freezing cold there. »
À 35 degrés à l’ombre, son commentaire me fait réaliser le peu de chance que la neige ou un froid de canard tombe là où je m’en vais. Je réponds, mi-irritée, mi-humour de décalage horaire, par l’autodérision.
La voyageuse — I come from Montreal, you know…old habit…
Pouah.
N’empêche que ces bottes m’ont sauvé la vie dans la jungle mexicaine. Faudrait me trouver un porte-bonheur plus léger.
***
Dans un tout autre ordre d’idée, cette nuit, je me suis réveillée en rêvant que le signal Internet ne fonctionnait pas et que j’appelais la réception. Lorsque j’ai ouvert les yeux, j’ai réalisé que c’est ma voisine de chambre qui exposait son problème de connexion Internet à la réception.
Les chambres ne sont pas insonorisées.
Du tout.
Mes voisins ont donc sûrement entendu qu’entre 3h et 4h, je regardais Debbie Renove, sous-titré en hébreu.
Oui, elle a parlé de décor «éclectique».
***Dans un ordre d’idée alimentaire celui-là, le déjeuner de mon hôtel se compose d'un buffet. En pensant prendre un œuf brouillé, j’ai mangé une espèce de mélange qui goûtait le fromage à la crème sucré ce matin. Et un contenant que je pensais être du yogourt, dont toutes les écritures n’étaient qu’en hébreu, s’est avéré être de la crème sûre ou du fromage. Chose certaine, c’était pas du yogourt. Vous aurez conclus que j'haïs le fromage.
Aujourd’hui, j’ai une journée libre à attendre le Subconscient, qui, à cette heure-ci, patiente à Zurich en s’attristant de ne pas avoir mon iPod Touche pour se divertir.
Puisque je ne comprends pas la carte de la région qu’ils m’ont donné en hébreu, je vais aller me promener toute seule sur le bord de la mer de Galilée.
Tant que tu restes sur la côte, tu ne peux pas te perdre, que je me dis.dimanche 6 septembre 2009
J'aurais dû être journaliste (ou critique)
J'ai regardé 2h30 de Jesus de Nazareth. Au début, je naviguais sur le site de Perez Hilton en même temps, histoire de montrer un peu de détachement devant la religion et les silences troubles, mais à certains moments, je me suis arrêtée pour me concentrer. Voici ce que j'ai pu retenir:
Marie, je l'ai trouvée magnifique. Belle comme le jour, des yeux bleus pétillants comme ma première chambre à coucher. Toutefois, il serait honteux de passer sous silence l'impossibilité, dans un bled sablonneux et sans Tide Ultra, que les vêtements blancs de la mère de Jésus demeurent immaculés. Surtout qu'elle dort à même le sol. Je..non...ça...je ne pige pas.
Il y a beaucoup trop de personnages. La production aurait dû écrire leur nom en bas de l'écran, à chaque apparition. Pis aussi, c'est qui, la madame avec trop de maquillage qui ressemble à Cléopâtre et qui se promène en carrosse?
Pour la raison ci-dessus, j'ai trouvé que le nombre élevé de personnages s'appelant Jean et Mathieu rendait l'intrigue difficile à suivre.
Quand on est vraiment concentré sur le film, Jésus peut réellement nous faire croire en une force divine, aux miracles et aussi qu'un accouchement, c'est pas du tout salissant.
Ça fait réaliser que quand Jésus te dit qu'il vient souper chez-vous, le visage impassible et les joues creuses, tu serais chien de dire non, tellement il est convainquant.
Même chose quand il te dit de reprendre le large et que «tu vas voir, il y en a, des poissons, dans l'eau», même si tu viens tout juste de revenir de la pêche en beau calvaire parce que t'as rien pogné. N'empêche que j'ai trouvé Mathieu-Jean-Pierre-Jacques très pissou de ne pas avoir tenu plus tête à Jésus. J'étais curieuse de voir sa réaction, lorsqu'il est provoqué.
Dans cette même scène, je n'ai pas pu retenir un jugement de valeur lorsque tous les hommes montent dans le bateau et larguent les amarres, pendant que Jésus s'assoie sagement au lieu d'offrir son aide. C'est à croire qu'il n'a pas eu de parents.
Il y avait quand même beaucoup de figurants, pour l'époque.
Et le gars, qui crie aux gens sur des rochers, légèrement vêtu et qui ressemble à l'acteur qui jouait Faramir dans le Seigneur des Anneaux, c'est qui? Un disciple?
On ne choisit pas sa famille
J'ai hâte d'avoir des enfants.
samedi 5 septembre 2009
Un chat, ou la soif de vivre
La cliente — J'aimerais renouveler la prescription d'antidépresseurs pour mon chat, s'il-vous-plaît.
La préposée — Je ne peux pas vous donner d'autres médicaments. Dans votre dossier, il est inscrit que vous devez prendre un rendez-vous avec votre chat pour qu'on puisse poursuivre la médication.
La cliente — C'est ben beau que ce soit inscrit dans le dossier, mais il faut aviser le client, quand vous décidez de magouiller entre vétérinaires. Je pars pour trois semaines et mon chat, sans ses antidépresseurs, prend mon lit, mon divan et mon sofa pour une litière.
La préposée — Je ne peux vraiment pas, désolée.
La cliente — Eille, madame. C'est pas des vitamines Pierrafeu que vous lui avez prescrit. C'est pour la santé dans sa petite tête de chat. Vous êtes au courant comme moi que des antidépresseurs, ça ne s'arrête pas du jour au lendemain.
La préposée — Je vais voir ce que je peux faire.
C'est encore beau qu'après six ans de ce régime d'urée je n'aie toujours pas choisi d'envoyer mon animal au paradis des chats, j'aimerais que ma clinique vétérinaire comprenne qu'on donne pas à un animal des médicaments parce que c'est l'fun de se donner du trouble pour une bestiole poilue qui passe ses journées à dormir et à ne servir à rien.
Une dame, témoin de la scène me partage ses sympathies. Travaillant dans une boutique de soins naturels, elle me suggère de passer la voir à son travail pour me donner des gouttes homéopathiques parfaite pour sa condition de félin débile.
La cliente — Certainement que j'aimerais essayer. Au point où j'en suis. Pis les gouttes, je les mets où?
La dame — Dans son eau. Tu vas voir, ça fait des miracles.
La cliente — Mon chat ne boit que l'eau qui coule du robinet du bain.
La dame — Ah. Dans ce cas...
La cliente — ...
Des fois, je me demande si mon chat veut vivre.
Vendredi Saint
Puisque le Subconscient me laisse tranquille tout le week-end pour écouter de la musique à Rouyn, je lui partageais la veille de son départ, la façon dont j'allais passer ces précieuses heures de paix en solo.
L'esseulée — Pendant que tu ne seras pas là, je vais aller faire du vélo le long du Canal Lachine...
Le Subconscient — Non, c'est pas juste!
L'esseulée — ...je vais essayer d'aller au cinéma...
Le Subconscient — Eh!
L'esseulée — Pis je vais louer des Weeds. Oh oui. Des Weeds.
Le Subconscient — Loue donc Jésus de Nazareth à la place.
L'esseulée — ...
Le Subconscient — ....
L'esseulée — Ben. C'est pas fou. C'est tellement mieux que Wiki.
C'est aussi la façon de passer 380 minutes de fin d'été enfermée entre les quatre murs de mon appartement trop grand, à annuler toutes mes chances de croiser mon voisin cute, Sébastien Ricard ou toute autre belle gens au cours de ma fin de semaine.
Il est wise, le Subconscient.
Déjeuner santé
Yeah!

Gracieuseté de This is Why you're Fat.
jeudi 3 septembre 2009
Le yoga, c'est pas dangereux
Tu as la paix.
Tu peux aller pisser ou aller prendre une cuillerée de Nutella entre deux positions sans froisser personne.
Ça ne te coûte pas une cenne.
Tu peux yoguer en bobettes.
Jusqu'à présent, j'ai essayé plusieurs sortes de cours de yoga sur DVD, donnés par des professeurs différents.
La première, ma préférée, a de gros seins et est anglophone, mais on l'a doublée en français, parce qu'on s'entend que si elle n'avait parlé qu'anglais, j'aurais passé mon temps à manger du Nutella en étant subjuguée par ses tops trop serrés.
Celle-là, je l'aime bien, parce qu'elle a un petit bedon et elle fait du yoga sur un minuscule tapis jouqué au sommet d'un pic rocailleux surplombant la mer, ce qui me donne l'impression que même si elle est vraiment très souple, le fait d'être assise sur de la garnotte doit être un peu douloureux. J'aime ma plantureuse professeur puisque sa voix doublée me rassure toujours en m'indiquant de ne pas forcer au-delà des limites que mon corps m'impose. Et elle, je l'écoute.
La seconde, un produit Nautilus, est donné par trois professeurs, deux souples et une autre poche, qui doit faire les positions faciles pour les autres gens qui sont poches en yoga ou en général dans la vie, d'après ce que j'en ai déduit. Ce DVD, je l'aime moyen, parce que la musique enterre les paroles de la professeur méta-souple, ce qui rend le produit fini assez discutable.
En fait, il n'est pas discutable du tout, puisqu'on entend rien, sauf la musique de fond et moi qui sacre.
La troisième donnait des cours de Pilates. Lorsque j'ai inséré le DVD, son intro de 15 minutes sur la respiration a fucké tout ce que j'avais d'inné dans ma façon de respirer. J'ai donc perdu patience et lui ai préféré Des Kiwis et des hommes.
La quatrième est une animatrice de télé, qu'on a pu entendre à la radio cet été, dans une émission radio-canadienne difficile à cerner. J'ai voulu l'essayer parce que dans le train de Josélito, elle a confié avoir opté pour le yoga après s'être blessée en faisant du pilates.
J'me suis dis, tiens, pourquoi pas.
Trois quarts-d'heure durant, elle aligne les positions à la vitesse de l'éclair et avec une souplesse hallucinante sans jamais proposer de méthode alternatives pour les gens non-souples, les vrais humains, quoi. Comme si le DVD n'était destiné que pour elle.
Puisque je voulais l'imiter, possédée de l'orgueil de la jeune femme de 26 ans qui se rassure de sa souplesse et de la vitalité de sa jeunesse comme elle peut en se disant «moi aussi, j'capable de mettre mes pieds jusque-là» ou «crime, mes bras vont plus loin que les siens» et être vraiment heureuse quand enfin, elle réussi à battre la souplesse de la dame sur un mouvement.
Ben bout'd'viarge.
Grâce à son maudit de DVD, j'ai le bras gauche blessé depuis une semaine, et même de puissants anti-inflammatoires ne peuvent rien pour calmer la douleur.
Mon cul que le yoga, c'est pas dangereux.
Scène matinale
Un homme a fait sa promenade-pipi matinale avec son chien. Le boxer a uriné contre le béton du gros édifice au nom de l'employeur de mon père, et qui rend la vue de mon bureau plutôt moche.
Un taxi est arrivé, et s'est arrêté. Trois anglos en sont sortis, et autant d'astronomiques valises. Deux femmes se sont mises à rire et se sont lancées sur l'Homme au chien qui faisait pipi. Pendant ce temps, un homme aidait le chauffeur de taxi a sortir les derniers sacs. Puis, il a rejoint ses amies autour de l'Homme au chien qui faisait pipi.
Sur le trottoir, ça s'est mis à rigoler, à glousser, à se coller. À être heureux de se retrouver.
Plutôt que de rentrer dans son taxi et de poursuivre sa vie, le chauffeur est resté debout et a observé les retrouvailles.
En souriant.
Une grosse minute plus tard, il reprenait sa route dans sa voiture beige.
mardi 1 septembre 2009
Un corps sain jusqu'au mamelons
Au souper, pendant que nous engloutissons du poulet mexicain, ma sœur m'avise que des gens auraient dégobillés leur petit-déjeuner une fois les trois étages visités. Dans mon for intérieur, je me convainc que je suis forte et que c'est pas des corps plus de peau qui vont m'effrayer, même si je me cache les yeux pendant les scènes sanglantes de Kill Bill. J'ai quand même fait le bateau de pirate à La Ronde (trois fois) et le Monstre (une fois, c'est ben assez) sans-aucune-peur-je-le-jure. Je devrais être capable de me dire que c'est pas des muscles préservés par plastification, mais de l'art organique créé à base de gomme Bazouka.
Je suis donc allée voir Bodies. Au premier étage, on nous balance des organes cancéreux et on expose des nerfs dorsaux sans corps, ni poumons, ni chair, ni t-shirt Twik. Je ravale ma salive. Au second, c'est une fourmilière de vaisseaux sanguins qui sont enfermés dans une cage de plastique. Puis des poumons de fumeurs. («le cancer du poumons est difficile à détecter, et commence par une tout persistante et sèche et un essoufflement progressif»). Je me tâte. Je cours un peu sur place, pour voir si je suis essoufflée. Ça me fait tousser. Maudit. Je passe aux intestins.
D'abord, l'exposition m'apprend deux choses. La première m'a été enseignée sur un papier 8 1/2 par 11: les mamelons d'une femme prennent une teinte foncée pendant la grossesse, et que c'est permanent. Je sacre, à l'idée d'avoir éventuellement les mamelles de Pocahontas et aussi de savoir qu'après les cheveux qui changent, les seins qui grossissent, puis qui rapetissent plus petits qu'ils étaient avant et les hanches qui s'épaississent, le corps féminin n'a décidément jamais de break.
Second constat, les organes, c'est pas mal plus petit qu'on le pense. Un utérus, c'est aussi gros qu'un pot de Nutella (celui à 3$ qui vient dans un verre de verre ), des poumons, c'est pas mal petit pour avoir autant d'importance, et des testicules, ça ne tient vraiment pas à grand chose quand il n'y a pas de peau.
Il y a aussi le fait qu'un fœtus humain de 9 semaines, c'est loin de ressembler à une crevette (à moins de parler d'une crevette géante tigrée) surtout que déjà, à cet âge, ça a des doigts, des orteils et une bébé colonne vertébrale.
À la fin, j'ai pas vomi, mais quand la génitrice m'a appelé pour me demander comment j'avais trouvé l'expo, je lui ai aussitôt demandé de quelle couleur étaient ses mamelons.
Ça resserre les liens de famille.