Qu’on se le tienne pour dit.
Pour en revenir au bain de soufre, c’est-à-dire un énorme bassin en plein-air aménagé avec des jets, des passerelles et des chutes, il est d’abord important de préciser que le soufre, ça sent non seulement les œufs pourris, mais aussi beaucoup la flatulence.
D’après ce que j’ai observé de loin, pour relâcher la tension et pour que notre peau bénéficie des bienfaits de l’eau nauséabonde, il faut se baigner dans l’eau, et se laisser aller, sur des frites fluorescentes que l’on retrouve dans nos piscines de banlieue, l’été (ce qui permet aussi de constater qu’en Israël, on trouve probablement des Canadian Tire), se faire masser la tête par son amoureux et lever sa jambe et placer son entrejambe dans un position stratégique à la relaxation (ou pour le plaisir, selon mon interprétation libre.)
Le temps que notre guide pratiquant, mi-preacher et totalement moralisateur retarde notre arrivée, que l’on mange une bouchée et que l’on visite l’endroit, qu’il ne nous restait que 10 minutes pour faire trempette dans le bain de soufre.
De ma cabine, je m’assure de stresser un max le Subconscient en lui hurlant d’enfiler son maillot en quatrième vitesse pendant que de mon côté, je m’infiltre en sacrant dans mon une-pièce Louis Garneau datant de mes 16 ans.
Il sort finalement de la cabine et je cherche la douche, puisqu’il faut s’asperger d’eau plate avant de se tremper le bout des orteils dans le liquide odorant et incroyablement chaud.
Entourée de gens qui savent relaxer et s’abandonner dans un bassin qui sent le pet sans broncher, sans se tortiller dans l’eau, sans ressentir quelconque culpabilité de ne pas être en train d’aider un orphelin à trouver une famille adoptive, sauver un panda de l’extinction ou devenir membre de Greenpeace, j’ai tenté de trouver un moyen de relâcher ma tension.
Au grand dam du Subconscient, plutôt que de me lancer sur les frites vertes ou de me laisser flotter en attendant la fin du calvaire, j’ai plutôt choisi de faire défiler les gags de pet en hurlant d’un rire gras et innocent.
En public, c’est très bien vu. Heureusement pour le Subconscient, nous n’avons passé que 7 minutes dans le bassin.
Alors que je multipliais les références à Pète pis Répète dans les remous, un bouillon m’a complètement remplis la bouche de liquide, me fermant ainsi le clapet la dernière minute durant. J’en connais un qui a vu ses prières exaucées.
Après une très courte réflexion, pour se laver de ses péchés et détendre l’atmosphère, il n’y a finalement rien qui bat le savon en barre.
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